Dans notre société pressée, nous voulons souvent que les choses aillent vite. Un projet, une idée, une inspiration, et hop, on voudrait déjà voir le résultat final. Mais nous oublions une loi fondamentale de la vie : tout a besoin d’un temps de gestation.
Il faut neuf mois pour qu’un enfant se développe avant de voir le jour. De la même manière, chaque projet, chaque rêve, a son propre rythme de maturation. Vouloir aller trop vite, c’est risquer de couper ce processus naturel.
Je parle d’expérience : étant de nature impatiente, beaucoup de mes projets n’ont pas vu le jour. Je passais d’une idée à l’autre, sans persévérer, sans donner à la vie le temps de faire son œuvre. Cette impatience m’a souvent laissée avec un sentiment d’échec, de culpabilité, de honte parfois, en voyant les autres réussir là où je pensais être incapable d’aller.
Pourtant, il y a eu aussi des projets qui se sont concrétisés, mais ce n’étaient pas ceux que je voulais forcer. C’étaient ceux pour lesquels j’avais laissé la vie décider du moment juste. Quand tout était mûr, tout s’est mis en place naturellement.
Avec le temps, j’ai compris que cette impatience était intimement liée à un manque d’attention. J’avais tendance à papillonner dans tous les sens, à me disperser dans plusieurs projets à la fois, dans mes activités comme dans ma vie personnelle. C’est en travaillant avec mon mentor, François Lemay, que j’ai réalisé à quel point le manque d’attention nourrit l’impatience et affaiblit la persévérance.
Depuis quelques mois, je me « soigne » comme j’aime dire avec humour. J’apprends à mettre de la qualité dans mon attention. Une chose à la fois. Une étape après l’autre. Dans mes gestes quotidiens comme dans mes projets. Et je découvre que, naturellement, ma patience grandit, ma persévérance se renforce et les choses se concrétisent plus facilement.
C’est une véritable transformation intérieure : je me surprends à être fière de moi, à me voir autrement.
Et cela rejoint une autre loi de l’énergie que j’aime beaucoup : ce sur quoi je mets mon attention prend de l’expansion. Plus je mets de l’attention sur une chose, plus elle grandit. Alors pourquoi ne pas choisir consciemment où diriger ce précieux faisceau de lumière qu’est notre attention ?
Peut-être que la patience, la persévérance et l’attention ne sont pas trois aptitudes séparées, mais trois visages d’une même force de vie : celle qui nous aide à faire éclore, au bon moment, ce qui est juste pour nous.
Et vous, dans quel domaine de votre vie sentez-vous que la patience pourrait devenir une alliée ? Où pourriez-vous cultiver plus de persévérance, ou diriger plus consciemment votre attention ?
Prenez un instant pour observer vos propres expériences. Peut-être découvrirez-vous, comme moi, que les plus beaux projets voient le jour quand on leur laisse le temps de mûrir, et qu’on choisit de leur offrir une attention bienveillante.
Avec amour et gratitude

