Stress et résilience : l’art de fermer les boucles - Claire Besson

Stress et résilience : l’art de fermer les boucles

Nous parlons souvent de résilience comme de la capacité à se relever après une épreuve. On imagine quelqu’un qui tombe, qui encaisse, qui se redresse, qui repart. C’est vrai, mais ce n’est pas toute l’histoire.

Pour moi, la résilience, c’est aussi – et peut-être surtout – l’art de terminer quelque chose avec conscience. L’art d’accepter qu’une étape est allée au bout de ce qu’elle avait à donner, et de laisser la vie continuer à circuler.

Pendant longtemps, j’ai eu énormément de mal avec la fin des choses.

Quand une période heureuse se terminait, je m’y accrochais. Je restais dedans mentalement, émotionnellement. Je voulais garder les moments de joie, les regards, les rires, comme si le fait de lâcher signifiait effacer. Et à l’inverse, quand une période difficile se terminait, je gardais l’habitude de la tension. Je restais dans le mode “alerte”, comme si je ne savais plus faire autrement. Dans les deux cas, je ne passais pas vraiment à autre chose.

Ce qui est intéressant, c’est que ce blocage créait du stress. Pas la situation en elle-même, mais le fait de ne pas accepter qu’elle soit finie. La résistance. Le “je ne veux pas que ça s’arrête” ou le “je ne sais pas comment vivre sans ça”, même si ce “ça” n’était pas forcément bon pour moi.

Avec le temps, je me suis rendu compte que la peur n’était pas tant liée à la perte, mais à l’inconnu. On préfère parfois rester dans quelque chose qui n’est plus juste, simplement parce que c’est familier. Le connu rassure, même s’il nous épuise. L’inconnu, lui, ouvre mais il fait peur.

Alors j’ai commencé à apprivoiser la fin. Pas intellectuellement. Dans le corps.

À une période de ma vie, je montais chaque semaine en région parisienne pour travailler. Et j’ai mis en place un rituel très simple : quand je rentrais le week-end, je défaisais mon sac, je rangeais tout, je remettais les choses à leur place. Ce geste est devenu une manière de me dire à moi-même : “C’est terminé pour cette semaine. Tu peux redescendre. Tu peux respirer.”

Ce n’était pas juste du rangement. C’était un acte symbolique. Une manière de dire merci à ce qui venait d’être vécu et de me donner la permission intérieure de revenir à autre chose.

Plus tard, j’ai fait la même chose avec mes voyages. Après un séjour, je ne laisse plus la valise traîner pendant des jours comme une façon de rester là-bas mentalement. Je la vide. Je range. Je lave. Je remets en ordre la maison. Je rentre pleinement. Et ça change tout.

Parce que ce geste dit : “Ce voyage est terminé. Il a laissé quelque chose en toi. Et maintenant, tu reviens ici, dans ta vie présente.”

Ce rituel est devenu pour moi une manière très concrète de faire de la place pour le nouveau sans violence, sans brutalité. Juste avec douceur et conscience.

Et c’est là que je vois le lien entre stress et résilience.

Le stress arrive souvent quand on résiste au mouvement naturel de la vie : ce qui commence finit, ce qui finit ouvre autre chose. Nous, on voudrait parfois que le beau ne s’arrête jamais, et que le difficile disparaisse sans rien nous apprendre. La vie ne fonctionne pas comme ça. Elle est faite de cycles.

Résilience, pour moi aujourd’hui, ce n’est pas : “Je suis forte, rien ne m’atteint ». C’est plutôt : “J’accepte que quelque chose se termine, je remercie pour ce que ça m’a apporté, et je me rends disponible pour la suite.”

Il y a une paix immense dans ce mouvement-là. Une paix qui est très liée à la présence et à l’ancrage. On revient dans son corps, on respire, on se recentre dans l’instant présent. On n’est plus collée à ce qui vient d’avant, on n’est pas encore projetée dans ce qui arrive après. On est là, dans ce passage entre deux rives.

Fermer une boucle, ce n’est pas tourner le dos à ce qu’on a vécu. Ce n’est pas effacer. C’est reconnaître : “Oui, ça a existé. Oui, ça m’a touchée. Oui, ça m’a transformée.” Et ensuite, laisser la vie continuer à circuler à travers nous, plutôt que de la retenir.

Aujourd’hui, ce que j’enseigne, ce que je transmets, ce que je souhaite offrir aux autres à travers mes activités – les marches méditatives, les ateliers, les accompagnements individuels et les retraites – c’est justement ça : retrouver cet espace intérieur où l’on peut accueillir la fin sans se briser, accueillir le nouveau sans paniquer, et se déposer entre les deux avec douceur.

Parce que chaque fin porte déjà une naissance.

Et vous, comment vivez-vous les fins ? Avez-vous un rituel, un geste, une intention qui vous aide à laisser partir l’ancien et à accueillir le nouveau avec confiance ?

Avec amour et gratitude.

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